Speedcubing

Speedcubing : histoire et règles

Né avec le cube lui-même, le speedcubing consiste à résoudre le Rubik’s Cube le plus vite possible. Son histoire, les règles des compétitions de la WCA, la méthode des champions et le cube à choisir pour vous lancer.

Mis à jour le 7 min de lecture

L’histoire du speedcubing

Le speedcubing a débuté au moment même où le Rubik’s Cube a été inventé. C’est la discipline qui consiste à résoudre le Rubik’s Cube le plus rapidement possible. Au fil de son histoire, encore récente, les champions ont utilisé différentes méthodes. Mais commençons par le début : 1974, l’année où le Rubik’s Cube fut inventé.

Les débuts du speedcubing

Le tout premier speedcubeur est probablement Erno Rubik, l’inventeur du « cube magique » en personne. Il fut le premier à établir une méthode pour résoudre le cube en un temps raisonnable, quel que soit le mélange.

La folie du cube a ensuite explosé au début des années 1980, ce qui a conduit à l’organisation du premier championnat du monde de speedcubing en juin 1982, à Budapest, patrie de l’inventeur.

L’engouement est retombé pendant quelques années. Dans les années 2000, Internet a permis aux passionnés de se connaître, de rester en contact et d’échanger sur leurs résolutions. Les méthodes de résolution se sont améliorées, tout comme les algorithmes, grâce aussi à la puissance de calcul des ordinateurs modernes. Résultat : les records du monde actuels sont époustouflants.

Le premier championnat du monde de cube 3x3x3

Le vainqueur, et donc premier champion du monde, est Minh Thai. Il s’est imposé grâce à une méthode appelée « corner first » : comme son nom l’indique, les coins sont résolus en premier, les arêtes dans un second temps.

Minh Thai, souriant et la main levée, devant le panneau du championnat du monde de Rubik’s Cube de Budapest en 1982
Minh Thai, vainqueur du premier championnat du monde, à Budapest en 1982.

Lors de cette épreuve, chaque résolution se faisait sur un cube entièrement neuf, sans lubrification. Avez-vous déjà essayé de résoudre un cube tout juste sorti de sa boîte, sans lubrifiant ? Les temps sont le plus souvent mauvais, à cause des blocages et de la mauvaise rotation des faces.

Cette règle contraignante, qui a pénalisé les concurrents, a depuis été supprimée : chaque compétiteur apporte désormais son propre puzzle. Ce n’est bien sûr pas lui qui le mélange, mais un membre de l’organisation, qui s’assure que tous les cubes sont mélangés de façon identique.

Les règles du speedcubing

La World Cube Association

Parler de discipline sportive à propos du Rubik’s Cube peut faire sourire quand on n’est pas du milieu. Le Rubik’s Cube, un sport ? Et pourtant, à chaque compétition, l’objectif du speedcubeur (ou speedcuber, à l’anglaise) est de se battre contre la montre et de réaliser le meilleur temps possible à chaque essai, pour concrétiser ses nombreuses heures d’entraînement.

Il lui faut être au maximum de sa concentration à l’instant T, à la seconde S, et pourquoi pas espérer un peu de chance pour établir un nouveau record. Il est seul face au chronomètre et aux secondes qui s’égrènent.

Attention, les règles sont très strictes. Elles sont définies par la World Cube Association (WCA), une association à but non lucratif chargée de fixer les règles, d’organiser les compétitions et de valider les records nationaux, continentaux et mondiaux. Vous trouverez sur son site officiel toutes les informations sur les compétitions et les records du monde à jour.

Le système de compétition se rapproche de celui de l’athlétisme : un record du monde peut tomber lors d’un grand championnat comme d’une toute petite compétition. Il est souvent réalisé avec une certaine dose de chance : le record du monde n’est « que » le temps le plus rapide réalisé en compétition.

Les championnats et records en speedcubing

À l’inverse, la WCA organise tous les deux ans des championnats du monde, pour réunir sur une même compétition les speedcubeurs du monde entier. On parle souvent du record du monde, mais n’est-ce pas finalement le champion du monde qui mérite le plus de reconnaissance ? À vous de vous faire votre idée.

Les compétitions de la WCA se déroulent en plusieurs tours : premier tour, quart de finale, demi-finale et finale. À chaque tour, les compétiteurs qui obtiennent la meilleure moyenne sur 5 essais passent au tour suivant.

Organisation de la résolution

Le compétiteur dispose de 15 secondes pour inspecter le cube avant de démarrer. Au pire, il sait ainsi par quelle face commencer ; au mieux, il prévoit ses premiers mouvements et visualise les cas qui vont se présenter. En aucun cas il ne peut prévoir toute la résolution.

Les résolutions les yeux fermés reposent sur des méthodes différentes, qui ne sont pas utilisées pour le speedcubing, comme la méthode Pochmann.

Les temps sont mesurés avec un chronomètre tactile, appelé timer. Le compétiteur commence la résolution (le solve) les mains à plat sur les capteurs tactiles. Quand il est prêt, il prend le cube en main, ce qui déclenche le chronomètre. Pour l’arrêter, c’est l’inverse : il pose le cube terminé à plat sur la table, puis replace ses mains sur les capteurs.

Timer de speedcubing : un écran au centre et, de chaque côté, une zone tactile marquée d’une main
Le timer tactile : le chrono démarre quand le compétiteur lève les mains, et s’arrête quand il les repose.

Chaque résolution se fait sous le contrôle d’un juge, qui vérifie son bon déroulement et s’assure que le speedcubeur ne triche pas. Pour vous entraîner chez vous, découvrez notre page consacrée aux timers pour Rubik’s Cube.

La méthode la plus rapide pour résoudre le Rubik’s Cube

La méthode la plus utilisée par les champions est la méthode Fridrich, du nom de son inventrice, Jessica Fridrich. Celle-ci faisait d’ailleurs partie des compétiteurs du premier championnat du monde, à Budapest. Sa méthode fut la première à proposer une résolution étage par étage, alors que toutes les méthodes présentées jusque-là commençaient par les coins et finissaient par les arêtes.

Première grande caractéristique de la méthode Fridrich : les deux premiers étages se résolvent sans formule compliquée, grâce à quelques principes de base et un peu d’intuition. Seconde caractéristique : le dernier étage (last layer) se résout en seulement deux algorithmes, d’environ 10 mouvements en moyenne. C’est très efficace, en nombre de mouvements comme en temps.

Très utilisée par les speedcubeurs, elle repose sur de nombreuses formules, courtes et rapides, et demande donc beaucoup de temps pour être parfaitement maîtrisée. Si l’on peut l’aborder de façon intuitive, celui qui la maîtrise s’appuie uniquement sur la reconnaissance des formules à appliquer et sur sa mémoire. C’est ce qui la rend extrêmement performante, contrairement aux méthodes Petrus et Roux, beaucoup plus fondées sur l’intuition.

Les champions de Rubik’s Cube

Depuis le début des années 2000, qui marquent le retour des championnats internationaux contre la montre, l’évolution des records est passionnante à suivre. Les chronos ont progressé grâce à l’amélioration des méthodes et des algorithmes, mais aussi à l’apparition de Rubik’s Cube de bien meilleure qualité, mieux adaptés au speedcubing. Naturellement, de grands champions du speedcubing ont vu le jour.

Les champions du monde

Les championnats du monde de l’ère moderne ont sacré des speedcubeurs venus de nombreux pays : Dan Knight (États-Unis), le Français Jean Pons, Yu Nakajima (Japon), Brendan Vallance (Royaume-Uni), Michal Pleskowicz (Pologne) ou encore l’Australien Feliks Zemdegs, double champion du monde.

Feliks Zemdegs a fortement contribué à l’élévation du niveau mondial, avec des temps nettement en avance sur la concurrence. Mais il n’est pas le seul : le Rubik’s Cube est devenu un sport mondial qui réunit des speedcubeurs du monde entier, comme l’attestent les nationalités des différents vainqueurs.

Quant à l’auteur de ces lignes, il n’a jamais été champion du monde, mais il a détenu plusieurs fois le record du monde. Il raconte sa passion du Rubik’s Cube en détail, et revient sur l’un de ces records.

Les champions de speedcubing résolvent le puzzle en une cinquantaine de mouvements, à une vitesse impressionnante. Pour vous en rapprocher, il vous faudra améliorer votre dextérité, mais aussi votre vision dans l’espace : nos conseils pour passer sous les 20 secondes sont un bon point de départ. À vos cubes ! Prêts ? Partez !

Speedcubing : quel cube acheter ?

Pendant longtemps, les champions ont utilisé les Rubik’s Cube vendus par le distributeur officiel en France, Winning Moves : ce sont ceux que l’on trouve couramment dans le commerce.

Ces cubes ne sont pas réglables (les vis au niveau des centres ne s’ajustent pas) et ils sont très difficiles à tourner. Par le passé, le speedcubeur n’avait pas le choix, mais il existe désormais de nombreux cubes de très bonne qualité conçus pour le speedcubing.

Pour bien choisir, consultez notre guide du meilleur cube pour le speedcubing et notre comparatif des Rubik’s Cube.

Matériel conseillé

Quel Rubik’s Cube choisir ?

Un bon cube tourne vite, sans accrocher, et rend chaque algorithme plus agréable. Notre sélection, du premier cube au modèle de compétition.

Pour débuterMagnétique

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