Speedcubing
Interview de Juliette Sébastien, championne dans le monde du Rubik’s Cube français
Dans cette interview publiée en novembre 2016, Juliette Sébastien, spécialiste française de la résolution à une main (OH), raconte ses débuts, ses premières compétitions, sa gestion du stress et sa progression en 3x3 comme en One-Handed.

Juliette Sébastien, championne de Rubik’s Cube à une main
Juliette Sébastien est une championne de ce qu’on appelle, dans le milieu du Rubik’s Cube, le OH, pour One-Handed. Dans cette catégorie, le but est de résoudre son cube d’une seule main. La catégorie OH la plus pratiquée est évidemment le 3x3, et la France y compte une jeune championne.
Son parcours est passionnant et plein d’enseignements. À la date de cette interview, publiée en novembre 2016, voici comment elle le racontait.
Interview de Juliette Sébastien, championne de Rubik’s Cube
LeRubiksCube.com : Comment avez-vous débuté dans le monde du cube ?
Juliette Sébastien : J’ai reçu mon premier cube pour mes 12 ans, en mai 2013. Je ne l’ai résolu qu’en juin 2013 (faute de temps et de motivation), et je me suis inscrite sur un forum de Rubik’s Cube en juillet. J’ai posté quelques messages, puis je n’ai plus du tout été active.
Pareil pour l’entraînement : j’ai tout de suite voulu me chronométrer. Je suis descendue à 1 minute 20 avec mon Rubik’s, puis à 50 secondes avec mon premier speedcube, le Dayan ZhanChi 50 mm. Mais ensuite, plus rien jusqu’en mars 2014, où j’ai reçu un autre cube, le FangShi ShuangRen 54,6 mm, et commencé à apprendre les F2L. Je considère ça comme le début de ma « carrière de speedcubeuse ».
Je suis ensuite très vite descendue à 30 secondes de moyenne, puis j’ai participé les 10 et 11 mai à ma première compétition, les championnats de France 2014 à Belfort. Ce fut un cauchemar. À cause de ma timidité, je n’ai parlé à presque personne, et j’ai fait des temps horribles pour mon niveau de l’époque, avec plein de DNF et de +2. En plus, il y avait tout un groupe de jeunes de mon âge (notamment Nicolas Gertner) qui faisaient tous 15 secondes de moins, et je me sentais nulle.
Un peu découragée, je n’ai repris l’entraînement qu’en juin, en devenant opposite neutral et en apprenant les PLL. Cela a suffi à me faire passer sous les 25 secondes de moyenne. Je suis vite descendue à 20 secondes, puis j’ai stagné pendant des mois, aussi parce que c’est la période où j’ai commencé à devenir CN (Color Neutral). Ce n’est qu’en février que j’ai perdu 4 secondes d’un coup : ma première moyenne sur 100 résolutions sous les 20 secondes était de 16,99 secondes.
LRC : Comment se sont passés vos débuts en OH ?
Juliette Sébastien : J’ai commencé l’OH à peu près en même temps que le CN. J’ai appris les fingertricks avec la vidéo d’Antoine Cantin, et je me suis entraînée pendant deux semaines de vacances à Paris à faire les mouvements dans ma poche en marchant dans les rues. J’ai fait quelques temps autour de 30 secondes, mais c’est seulement en février 2015, quand j’ai reçu mon mini WeiLong, que je suis descendue d’un coup à 23-24 secondes de moyenne.
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LRC : Vous êtes désormais connue dans le monde du speedcubing, et vous avez même une chaîne YouTube à votre nom : comment cela a-t-il commencé ?
Juliette Sébastien : J’ai commencé à être connue à ma deuxième compétition, les championnats de France 2015 à Grenoble, en avril. J’étais bien sub-15 après une semaine d’entraînement intensif avec Clément Cherblanc. À cette époque, nous avions exactement le même niveau, et nous faisions des battles de moyennes sur 100 et sur 50 résolutions en postant nos résultats sur le forum. À la fin, nous étions tous les deux à 14,34 de moyenne sur 100, avec trois sub-10 pour moi, et un sub-10 qui était même un sub-9 pour Clément. C’est le premier cubeur avec qui j’ai sympathisé.
Lors de ces championnats de France, j’ai surpris tout le monde en sortant de nulle part deux sub-20 en OH et une moyenne à 22 secondes (très bon pour moi), et en faisant un single à 11 et une moyenne à 13 au 3x3 (très bon aussi). En rentrant de la compétition en train, j’ai croisé Émilien par hasard. Il m’a donné des conseils en me disant que j’étais très prometteuse. J’ai donc continué l’entraînement à fond, en gagnant une seconde par mois jusqu’au sub-10, en septembre.
LRC : Où en est votre carrière depuis un an, et dans le futur ?
Juliette Sébastien : C’est au Nancy Open, alors que j’étais tout juste sub-10, que j’ai commencé à ressentir les effets du stress. J’ai fait une moyenne à 10,97 avec un DNF et un 13 qui compte, et j’ai carrément abandonné au milieu du deuxième tour. J’avais beaucoup stressé au premier tour, mais je me suis détendue jusqu’au deuxième, où j’ai fait une moyenne très régulière à 10,21, et j’ai finalement fini deuxième en finale.
Tout allait bien aussi au Lyon Christmas Open, et je suis descendue à 9,2 de moyenne sur 100 avant le Phalsbourg Open, une compétition que j’ai complètement ratée. C’est aux championnats de France 2016 que j’ai fait ma première (et, pour l’instant, seule) moyenne tout juste sub-10 (9,91), mais j’ai raté ma finale avec du 13. J’ai continué à faire du 10 ou du 11 de moyenne jusqu’à maintenant (sauf un petit 7,47, à un centième du FWR, le record du monde féminin), sauf en finale, où j’ai fait 12, puis 11, puis 10 à Belfort, où j’ai fini troisième.
J’ai aussi raté la demi-finale des championnats d’Europe à deux centièmes, avec 10,50 de moyenne, alors qu’à la maison j’ai longtemps stagné à 9,0x secondes. Je suis passée sub-9 très récemment (8,99 de moyenne sur 1 000). J’espère faire une meilleure moyenne au Champagne Open, mais je sais que j’aurai largement le temps de progresser avant les championnats du monde, l’été prochain !
LRC : Quant à votre carrière prometteuse en One-Handed, où en êtes-vous ?
Juliette Sébastien : Après le Lyon Megaminx 2015, où j’ai raté de très peu le sub-20 de moyenne, je suis descendue jusqu’à 17,5 de moyenne à Nancy, où j’ai fait 16,90 de moyenne au premier tour avec des mélanges faciles. J’ai fait mon premier record du monde féminin avec un single à 12,57 au Lyon Christmas Open (malheureusement en ratant la moyenne avec un 22 qui compte), et je suis descendue à 15,1 de moyenne en quelques mois d’entraînement.
Je me suis notamment entraînée en Chine, où j’ai battu tous mes PB (Personal Bests, records personnels) avec mon Mini AoLong, alors que j’avais oublié mon mini WeiLong. Le Mini AoLong est donc devenu mon main (cube principal). J’étais très frustrée de rester à 16,90 de moyenne en compétition alors que je faisais 15 à la maison. Mais aux championnats de France 2016, j’ai fait 16,31 puis 15,99 de moyenne, en finissant deuxième à quelques centièmes du record féminin.

Au Lyon Megaminx, j’ai tout explosé : record national en single au premier tour avec 11,05, et record féminin de moyenne, de très loin, au deuxième tour, avec 14,32 (incroyable pour moi à l’époque, car je n’étais même pas sub-15). Je suis passée sub-15 avant les compétitions de cet été, puis j’ai traversé une période de vide jusqu’aux championnats d’Europe, où j’ai raté de très peu un sub-10 en single et un nouveau sub-15 de moyenne.
J’ai alors changé de cube pour le GuoGuan YueXiao, car mon AoLong commençait à devenir vraiment usé (je l’ai relubrifié récemment, comme beaucoup d’autres cubes, donc j’hésite encore). Depuis, je suis descendue sub-14 et j’ai tous les UNR sauf le single. L’OH est la seule épreuve où j’ai toujours continué à progresser, et je sens que je peux encore descendre très bas.
Toute l’équipe de LeRubiksCube.com remercie chaleureusement Juliette Sébastien pour son temps et pour tout ce qu’elle nous a fait partager. Nous vous invitons aussi à découvrir sa chaîne YouTube, tout aussi intéressante !
Matériel conseillé
Quel Rubik’s Cube choisir ?
Un bon cube tourne vite, sans accrocher, et rend chaque algorithme plus agréable. Notre sélection, du premier cube au modèle de compétition.
Pour débuterMagnétique
MoYu RS3M V5 MagLev Ball-Core
Speedcube économique de MoYu qui associe une suspension MagLev (aimants répulsifs à la place des ressorts) et un noyau sphérique aimanté (ball-core).
- Magnétique, MagLev et noyau sphérique aimanté
- 75 g, 55,5 mm
- 9 réglages (double système de réglage)
Meilleur rapport qualité-prixMagnétique
GAN V100 Maglev
Cube MagLev de GAN sorti fin 2025, qui reprend le système de réglage du GAN 16 dans un format de 55 mm, en dessous des modèles phares de la marque.
- Magnétique, MagLev, aimants de noyau
- 64 g, 55 mm, 76 aimants
- 72 combinaisons de réglage (système du GAN 16)
Haut de gammeMagnétique
MoYu WeiLong V11 MagLev Ball-Core
Modèle phare 2025 de MoYu et dernier de la lignée WeiLong (GTS, GTS2, WR M…), ici en version MagLev à noyau sphérique. Utilisé par Yiheng Wang pour le record du monde de moyenne au 3x3 en 2025.
- Magnétique, MagLev, noyau sphérique (100 aimants)
- 67 g, 55,5 mm
- 64 réglages (8 tensions × 8 élasticités)
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