Méthodes avancées
Méthode Fridrich : résolution du cube 3x3 avancée
La méthode Fridrich, ou CFOP, est celle des speedcubeurs. Croix, F2L, OLL puis PLL : voici chaque étape avec ses conseils, ses algorithmes en animation 3D et une version simplifiée pour aborder le dernier étage.
Pas encore de cube adapté ? Notre conseil pour apprendre : MoYu RS3M V5 MagLev Ball-Core.
D’où vient la méthode Fridrich pour le 3x3 ?
La méthode Fridrich est celle qu’utilisent les professionnels du speedcubing. C’est la clé pour descendre sous les 20 secondes, voire sous les 10 secondes si vous la maîtrisez sur le bout des doigts. On l’appelle aussi CFOP, d’après ses quatre étapes : la croix (Cross), les deux premiers étages (F2L), puis l’orientation (OLL) et la permutation (PLL) du dernier étage.
Elle porte le nom de Jessica Fridrich, qui l’a mise au point. Celle-ci raconte l’avoir adoptée parce que le repérage des pièces y est beaucoup plus simple que dans les méthodes « corner first », qui résolvent tous les coins, puis toutes les arêtes.

La méthode ne compte que quatre étapes, mais les deux dernières demandent beaucoup d’algorithmes : 57 OLL et 21 PLL. Heureusement, vous pouvez aborder la méthode Fridrich sur le Rubik’s Cube avec une version simplifiée, qui découpe chacune de ces deux étapes en deux temps. Cette page la détaille, avant la version complète.
Étape 1 : la croix améliorée
Conseils et astuces
Cette étape est la même que la croix de la méthode débutants, mais vous devez maintenant la réussir très vite. Toute croix se fait en moins de dix mouvements : l’objectif est de trouver une solution et de l’exécuter en moins de 2 secondes.
Pour cela, entraînez-vous à faire la croix les yeux fermés. Pendant le repérage, prévoyez le placement d’au moins trois arêtes, voire des quatre : vous pourrez ensuite vous concentrer sur la suite de la résolution.
Faites aussi, désormais, la croix sur la face du bas dès le départ. Votre attention reste ainsi sur les faces non résolues plutôt que sur celle de la croix, et vous économisez le temps de retourner le cube une fois la croix finie. Le but est d’enchaîner les mouvements sans pause et de soigner la transition entre chaque étape.
Chaque seconde où le cube ne bouge pas peut être gagnée. Faire la croix en bas vous ralentira peut-être au début, mais les réflexes vont se mettre en place et vous y gagnerez sur le long terme. Si vous avez trop de mal, ne restez pas bloqué sur ce point : l’étape suivante complète celle de la croix. Mais pour passer sous la barre des 20 secondes, vous n’y couperez pas !
Certains cas reviennent très souvent. Les astuces pour les gérer se trouvent à l’instinct et avec l’habitude, mais les mémoriser vous fera gagner du temps.
Techniques de résolution
Première technique : la croix décalée, tournée d’un quart de tour par rapport aux centres (ou opposée, si elle est décalée d’un demi-tour). Ce cas se présente très souvent et permet de se sortir de bon nombre de croix compliquées. Le dernier mouvement de la croix consiste alors à tourner la face du bas pour l’aligner. Comme ce mouvement ne modifie pas les F2L, vous pouvez déjà commencer à chercher la première paire.
Place ensuite à l’entraînement : une bonne partie de la vision s’acquiert par la pratique, alors prenez votre temps. À l’entraînement, passez souvent plus d’une minute à chercher comment faire la croix sans tourner le cube. Le but est d’améliorer votre vision et votre anticipation.
Il n’y a pas de règle générale sur la meilleure façon de faire la croix. Chacun a sa technique et sa façon de tourner le cube, qui peut rendre une solution meilleure qu’une autre pourtant plus courte. À vous de trouver votre style et de réveiller le speedcubeur qui est en vous.
Étape 2 : les deux premiers étages ou F2L
L’idée de la méthode Fridrich sur cette étape
Le principe est simple sur le papier : résoudre les deux premiers étages en même temps. Plus précisément, on résout chaque coin en même temps que l’arête qui lui est associée. Une fois résolus, ce coin et cette arête forment ce qu’on appelle une paire. Parfois, il est plus simple de former la paire sur la face du haut, puis de l’insérer ; d’autres fois, on l’insère en même temps qu’on la forme.
De nombreux sites proposent des listes de formules, mais il est bien plus intéressant de trouver les vôtres : ce n’est pas compliqué et vous les retiendrez mieux. Pour vous guider, voici trois cas principaux, illustrés chacun d’un exemple.
L’idée de base des F2L est de réunir l’arête et le coin pour former une paire, en les plaçant là où ils doivent être une fois le cube résolu. Dans le premier exemple ci-dessous, une simple rotation de la face de droite (R) assemble le coin blanc, rouge et bleu avec l’arête rouge et bleue. La rotation de la face du haut forme ensuite la paire rouge et bleue avec la face rouge. Enfin, tourner la face de droite dans l’autre sens résout l’ensemble.
Résolution et algorithmes
Voici les deux cas principaux que vous rencontrerez pour former une paire et l’insérer :
RU'R'
RUR'
Prenons maintenant l’exemple où le coin blanc est tourné vers le haut. On le résout en deux temps : former la paire, puis l’insérer à son emplacement.
RU'R'U2RUR'
À chaque fois que vous résolvez une paire, utilisez l’emplacement libre de cette même paire. Sinon, vous risquez de casser des paires déjà formées et de vous donner plus de travail.
Avant de vous plonger dans les F2L, gardez quelques idées à l’esprit. La plupart du temps, c’est la réflexion et le repérage qui vous ralentissent : inutile de tourner les faces le plus vite possible, prenez votre temps. Évitez aussi au maximum de tourner le cube pendant la résolution : vous y perdez du temps et le repérage se complique. Sur certains cas, c’est inévitable, mais limitez-vous alors à une rotation par paire.
Souvenez-vous enfin que vous avez deux mains : la main gauche ne sert pas uniquement à tenir le cube. Prenez le cas suivant :
L'ULUL'U'L
Vous êtes sans doute tenté de résoudre cette position du Rubik’s Cube entièrement de la main droite. Faites un effort : vous pouvez la résoudre avec L'ULUL'U'L, sans tourner le cube. Vous gagnez le temps de la rotation, et l’analyse des différentes faces reste plus simple. En effet, chaque rotation du cube vous oblige à faire tourner mentalement toute votre analyse : emplacements libres et résolus, position des coins et des arêtes non résolus, etc.
Conseils et astuces
Autre conseil important : si vous devez tourner le cube, choisissez toujours la rotation qui envoie à l’arrière la paire en cours de résolution. Pourquoi ? Parce qu’il est plus simple, pour la suite, d’avoir ce qui est résolu derrière et ce qui ne l’est pas devant : le repérage sera plus simple et plus rapide.
Avec un peu d’entraînement, vous vous en sortirez très bien avec les F2L, et vous irez au moins aussi vite qu’avec votre ancienne méthode, qui plaçait chaque arête à l’aide d’un algorithme.
Certains cas restent pénibles, et il peut valoir le coup d’apprendre une formule pour eux : ils sont peu instinctifs, et leur meilleure solution ne se trouve pas à l’instinct non plus. Voici ces cas, avec la solution qui nous semble la plus efficace :
RUR'U'RUR'U'RUR'
RU'R'dR'U2RUR'U2R
Pour tous les autres cas, certaines solutions sont plus rapides que d’autres, mais il n’y a pas forcément de solution optimale. La meilleure sera la vôtre, celle que vous découvrirez par vous-même.
Étape 3 : orientation de la dernière face (OLL)
Dans la méthode Fridrich, le dernier étage se résout différemment de la méthode débutants. Celle-ci cherche à avoir le moins d’algorithmes possible, et les plus simples à mémoriser. Ici, tout est axé sur la rapidité : il y a un peu plus de formules à apprendre, mais le repérage est plus facile, et vous pourrez en ajouter peu à peu pour aller toujours plus vite.
La méthode Fridrich complète, celle des speedcubeurs en compétition, demande beaucoup d’algorithmes pour le dernier étage. Voici donc d’abord une solution intermédiaire, premier pas vers la version complète. Le principe : orienter toutes les pièces dans un premier temps, c’est l’OLL (Orient Last Layer), puis les placer correctement dans un second temps, c’est le PLL (Permute Last Layer).
Orienter la dernière face signifie tourner vers le haut toutes les pièces de la même couleur (jaune si votre première face était blanche).
Étape 3a : orientation des arêtes
On oriente la dernière face en deux temps : d’abord la croix, puis les coins. L’orientation de la croix, vous la connaissez déjà si vous maîtrisez la méthode débutants et les astuces de la méthode intermédiaire. Rien de nouveau, donc.
Étape 3b : orientation des coins
Ici, le repérage est très simple : comptez, sur la face jaune, combien de coins ne sont pas jaunes. Cela doit être immédiat. Pour orienter les coins, vous avez sept cas possibles : deux, trois ou les quatre coins sont à orienter. Les formules peuvent être un peu longues, mais elles sont faciles à apprendre et s’exécutent très vite.
Si aucun coin n’est à orienter, passez directement à l’étape suivante. Si un seul coin est à orienter, c’est qu’on vous a fait une blague : ce cas est impossible à résoudre sans démonter le Rubik’s Cube.
Comme à la fin de la méthode débutants, il est difficile de trouver ces formules soi-même : le plus efficace est de les apprendre par cœur. Commencez par celles qui orientent trois coins, très faciles, puis celles où deux coins seulement sont à orienter. Finissez par les quatre coins si vous êtes très motivé.
Trois coins à orienter
Vous connaissez déjà ces deux formules : enchaînées l’une après l’autre, elles forment l’étape 7 de la méthode débutants. Ici, on utilise l’une ou l’autre selon le cas. La première s’effectue de la main droite, RUR'URU2R' :
RUR'URU2R'
La seconde, L'U'LU'L'U2L, s’effectue de la main gauche : c’est la formule symétrique de la précédente. Observez donc bien l’orientation des coins avant de vous lancer.
Deux coins à orienter
Trois cas sont possibles, selon la position et l’orientation des deux coins non résolus. Si les deux coins sont opposés, appliquez RU2R'U'RUR'U'RUR'U'RU'R' :
RU2R'U'RUR'U'RUR'U'RU'R'
Si les deux coins sont adjacents, soit leurs deux faces jaunes se retrouvent du même côté :
R'UL'URU'LU2R'UR
Soit elles sont sur deux faces opposées :
R'F'LFRF'L'F
Quatre coins à orienter
Deux cas sont possibles. Soit les coins sont symétriques :
RUR'URU'R'URU2R'
Soit ils ne le sont pas :
RU2R2'U'R2U'R2'U2R
Étape 3c : orientation des coins et des arêtes en un algorithme
Il existe 57 OLL différents : c’est la partie difficile de la méthode Fridrich. Il y a beaucoup d’algorithmes à apprendre, et certains cas sont très rares. Le cas où il n’y a aucun OLL à faire, appelé OLL skip, est tout aussi rare : inutile de compter sur la chance à cette étape.
L’apprentissage peut paraître long, mais ne vous découragez pas : chaque algorithme appris vous fera gagner du temps, même si vous décidez de ne pas tout apprendre.
Étape 4 : permuter le dernier étage (PLL)
Il ne reste plus qu’à finir le cube. Dans la version simplifiée, on procède en deux temps, en commençant par les coins. Cherchez d’abord deux coins adjacents de la même couleur. Si c’est le cas sur toutes les faces, il n’y a rien à faire : passez à l’étape suivante.
Étape 4a : placer les coins
Aucune face ne possède deux coins de la même couleur
Il faut alors échanger les coins en diagonale, avec le PLL Y : FRU'R'U'RUR'F'RUR'U'R'FRF'.
FRU'R'U'RUR'F'RUR'U'R'FRF'
Juste deux coins à échanger
Une fois les deux coins à échanger trouvés, placez-les à droite et effectuez ce que nous appellerons désormais le PLL T : RUR'U'R'FR2U'R'U'RUR'F'.
RUR'U'R'FR2U'R'U'RUR'F'
Étape 4b : placer les arêtes
Bravo, c’est presque fini : il ne reste qu’à placer les arêtes. Soit aucune arête n’est bien placée, soit une seule l’est. Tous les algorithmes de cette étape sont simples et peuvent s’exécuter en moins d’une seconde, avec un peu (beaucoup !) d’entraînement.
Aucune face n’est résolue
Deux cas sont possibles. Si vous devez échanger les arêtes opposées deux à deux, en forme de +, exécutez M2UM2U2M2UM2, déjà présentée dans nos astuces de la méthode intermédiaire. Nous l’appellerons le PLL X ; on la connaît plus souvent sous le nom de PLL H.
M2UM2U2M2UM2
Si vous devez échanger des arêtes adjacentes, utilisez ce que nous appellerons le PLL Z, puis terminez par U2 pour réaligner la face du haut :
RUR'UR'U'R'URU'R'U'R2UR
Une face est résolue
Placez la face résolue en face de vous : il faut faire tourner les trois arêtes restantes. Pour les faire tourner dans le sens des aiguilles d’une montre, la formule est R'UR'U'R'U'R'URUR2.
R'UR'U'R'U'R'URUR2
Pour les faire tourner dans l’autre sens, exécutez la formule inverse de la précédente : R2U'R'U'RURURU'R.
R2U'R'U'RURURU'R
Étape 4c : placer les arêtes et les coins en même temps
La méthode Fridrich compte 21 PLL différents. Il y a moins d’algorithmes à apprendre qu’en OLL : commencez par eux, avant d’apprendre tous les OLL. La probabilité de n’avoir aucun PLL à résoudre, un cas appelé PLL skip, est d’une chance sur 72.
Pour bien vous entraîner, il est important de choisir le bon cube : consultez notre comparatif des Rubik’s Cube.
Matériel conseillé
Quel 3x3 choisir ?
Un bon cube tourne vite, sans accrocher, et rend chaque algorithme plus agréable. Notre sélection, du premier cube au modèle de compétition.
Pour débuterMagnétique
MoYu RS3M V5 MagLev Ball-Core
Speedcube économique de MoYu qui associe une suspension MagLev (aimants répulsifs à la place des ressorts) et un noyau sphérique aimanté (ball-core).
- Magnétique, MagLev et noyau sphérique aimanté
- 75 g, 55,5 mm
- 9 réglages (double système de réglage)
Meilleur rapport qualité-prixMagnétique
GAN V100 Maglev
Cube MagLev de GAN sorti fin 2025, qui reprend le système de réglage du GAN 16 dans un format de 55 mm, en dessous des modèles phares de la marque.
- Magnétique, MagLev, aimants de noyau
- 64 g, 55 mm, 76 aimants
- 72 combinaisons de réglage (système du GAN 16)
Haut de gammeMagnétique
MoYu WeiLong V11 MagLev Ball-Core
Modèle phare 2025 de MoYu et dernier de la lignée WeiLong (GTS, GTS2, WR M…), ici en version MagLev à noyau sphérique. Utilisé par Yiheng Wang pour le record du monde de moyenne au 3x3 en 2025.
- Magnétique, MagLev, noyau sphérique (100 aimants)
- 67 g, 55,5 mm
- 64 réglages (8 tensions × 8 élasticités)
En tant que Partenaire Amazon, nous réalisons un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises.